Impact sur les questions

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L'énigme de la Russie, des États-Unis et des pays du Golfe
Influence de la Russie
L'influence des États-Unis -  Le poids des États-Unis (influence involontaire)

Autour de Kirkouk, des escarmouches ont maintenant eu lieu aux premières heures du lundi 16 octobre 2017 entre les troupes irakiennes et les forces de Hashd al-Shaabi (Forces de mobilisation populaire - milices chiites) d'une part, les Peshmergas de l'Union patriotique du Kurdistan (UPK) et du gouvernement régional du Kurdistan (GRK) d'autre part. D'autre part, des civils de Kirkouk seraient prêts à se battre contre les troupes irakiennes et seraient rejoints, selon les Peshmergas kurdes, par des civils d'Erbil, de Duhok et de Sulaimani. Des tensions ou des ordres contradictoires auraient également eu lieu entre les différentes unités des Peshmergas. Des déclarations contradictoires concernant les gains territoriaux émergent des deux côtés, irakiens et kurdes.

Pour les signaux précédents et autres, consultez le

Radar

L'espoir d'une stabilisation et de progrès constructifs concernant une solution qui pourrait être trouvée pour l'indépendance du Kurdistan irakien (voir signal précédent sur la question) a diminué à partir du mardi 10 octobre 2017. Puis, le président irakien al-Abadi a rejeté l'offre kurde inconditionnelle de discussion et a insisté sur le fait que le rejet du référendum devait précéder toute discussion. Le lendemain, des unités des Peshmergas ont signalé que les militaires irakiens se dirigeaient vers Kirkouk et ont averti de l'imminence d'une attaque. La possibilité de résoudre pacifiquement la question est maintenant au plus bas compte tenu des combats.

Il n'est cependant pas impossible que les deux principaux partis kurdes (l'UPK et le GRK), rejoints par le président irakien Fuad Masum, membre kurde de l'UPK, renouvellent leur offre de discuter avec le gouvernement irakien le 15 octobre 2017. Pourtant, par cette même déclaration, les Kurdes ont également rejeté l'ultimatum irakien de renoncer au référendum. Cette déclaration est également destinée à montrer l'unité des Kurdes.

L'implication de l'Iran et notamment la présence du Corps des gardiens de la révolution islamique iranien (CGRI), repéré par les services de renseignements des Peshmergas le 15 octobre, en plus des forces irakiennes près de Kirkouk, complique encore la question. En effet, Qassem Soleimani, le commandant du Quds iranien, la branche des forces spéciales de l'IRGC est officiellement en Irak depuis le dimanche 15 octobre 2017. Entre-temps, le 15 octobre, l'Iran a fermé sa frontière avec l'Irak.

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De Deir ez-Zor au "facteur iranien" dans "Le Powder Keg du Moyen-Orient et la grande bataille de Raqqa  12 juin 2017

On ne peut s'empêcher de se demander si la décision des Etats-Unis de décréter l'accord avec l'Iran et de voir le Trésor public imposer des sanctions financières au GRI pour de prétendus liens avec le terrorisme n'a pas joué son rôle en favorisant l'escalade entre les Kurdes et Bagdad, avec une possible accumulation "irako-iranienne" préparant la déclaration américaine du vendredi 13 octobre 2017. Si l'accord avec l'Iran avait été certifié, il aurait alors été facile de revenir éventuellement à une politique plus conciliante en Irak. L'Iran pourrait en effet avoir l'impression qu'il n'a plus guère intérêt à faire preuve de retenue dans la région, et donc à accroître ses actions et ses interventions non seulement en Irak mais aussi en Syrie, en s'appuyant sur ses relations avec ses alliés (le gouvernement irakien et le gouvernement syrien de Bachar al-Assad). Cette éventuelle stratégie active de création d'un corridor amical avec l'Iran vers la Méditerranée était déjà perceptible en juin 2017. En outre, il ne faut pas oublier qu'Israël a soutenu le référendum kurde et l'indépendance kurde. L'Iran peut donc n'avoir que peu de scrupules à adopter une stratégie qui contrecarre la position d'Israël, bien au contraire.

En conséquence, et alors que la menace de l'État islamique dans la région s'éloigne - bien qu'elle n'ait absolument pas disparu - le risque de nouveaux affrontements, d'une conflagration et d'une guerre, non seulement en Irak mais aussi en Syrie, comme le montrent les derniers mouvements turcs du week-end dans le nord de la Syrie, s'accroît (ici aussi, très probablement en raison de la quasi-victoire du SDF dirigé par les Kurdes sur l'État islamique à Raqqa, mais dans le contexte d'une tension générale croissante).

L'énigme et le bourbier pour les grandes puissances extérieures, de la Russie aux États-Unis, sans oublier les acteurs régionaux comme les pays du Golfe, s'approfondit.

EN DIRECT : Les forces irakiennes et les milices chiites engagent des combats avec les Peshmerga au sud de Kirkouk, Rudaw, 16 Oct 2017 ( 8:13 CET).

Les forces irakiennes avancent sur le territoire contesté de Kirkouk

Les forces irakiennes avancent vers les sites tenus par les Kurdes dans la province de Kirkouk. Elles ont l'intention de prendre le contrôle des champs de pétrole et d'une base aérienne dans la région contestée, affirment les responsables kurdes de la sécurité. Les tensions entre les deux parties sur l'avenir du Kurdistan irakien sont fortes depuis que les Kurdes irakiens ont voté pour l'indépendance en septembre.

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L'UPK et le PDK rejettent les demandes d'annulation du résultat du référendum, Rudaw

 

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Publié par Dr Helene Lavoix (MSc PhD Lond)

Dr Hélène Lavoix, PhD Lond (relations internationales), est le président/CEO de la Red Team Analysis Society. Elle est spécialisée en prospective et alerte précoce stratégiques (S&W) pour les questions de sécurité nationale et internationale. Elle se concentre actuellement sur la pandémie de COVID-19, la méthodologie du SF&W, la radicalisation ainsi que les problématiques d'intelligence artificielle et de technologie quantique du point de vue de la sécurité internationale. Elle enseigne au niveau du master à SciencesPo-PSIA.

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