The Red (Team) Analysis Weekly - 6 février 2014 - Le système financier... à nouveau

Éditorial - Le système financier... encore une fois - Le 23 janvier Hebdomadaire a choisi la contraction de l'IPM chinois comme l'un des signaux à remarquer. Les effets de la baisse de l'indice de confiance des consommateurs chinois ont été ressentis notamment en Asie, mais, du moins jusqu'à présent, il ne s'est pas produit grand chose dans le reste du monde. Ainsi, quels types d'avertissement pourrions-nous émettre suite à cette contraction, ajoutée aux problèmes monétaires des pays émergents, ces derniers étant prévus depuis des mois ? Devrions-nous suivre ceux qui ne se posent pas vraiment de questions, qui ne considèrent pas ces signaux comme méritant une grande attention, et qui pensent simplement que les affaires continueront comme d'habitude pour toujours ?

Par ailleurs, devrions-nous, en tant que Phoenix Capital Research en publiant sur le blog financier plutôt baissier Zero Hedge, demandez : "Quelqu'un est-il vraiment surpris que le système soit à nouveau au bord du gouffre ?” Nous suivrions alors le même argument (logique) selon lequel comme rien n'a vraiment et réellement été fait sur le plan financier, et comme la même cause produit toujours le même effet, nous devrions être prêts pour un autre épisode mammouth de la crise, et ce depuis un certain temps. La question n'est donc pas de savoir s'il y aura un nouvel effondrement du système, mais quand.

Et s'il y avait aussi, potentiellement, une autre façon d'envisager la situation ? Dans ce cas, les signaux faibles ne seraient pas seulement les indications que nous avons vues précédemment, mais aussi la réaction minimale de tant de marchés financiers, ajoutée à l'érosion de la classe moyenne, et à la propagation de la pauvreté qui a été constatée à maintes reprises au cours des dernières années, notamment dans les pays développés. Dans cette hypothèse alternative, le changement depuis 2007/2008 s'est effectivement produit, mais pas le changement qu'attendaient les acteurs économiques rationnels croyant en un système relativement bon et juste. L'évolution réelle aurait pu être lente et niée, elle aurait pu être fondée sur l'injustice légitimée par une idéologie dépassée, sur l'exploitation du plus grand nombre au profit du plus petit nombre et sur la préservation d'un système qui laisse une élite spécifique au pouvoir depuis un certain temps et qui ne souhaite que préserver ses privilèges (voir Les chroniques de l'exagération pour la matériel et idéologique les enjeux et les dynamiques à l'œuvre dans la politique des élites).

Si ces changements ont vraiment eu lieu, comme c'est très probablement le cas, les risques de voir un effondrement qui toucherait les plus riches, au moins à court terme, pourraient être réduits. Cela ne signifie pas que l'"effondrement" ne toucherait pas un grand nombre de personnes, mais les personnes au pouvoir peuvent croire qu'elles sont maintenant suffisamment isolées et protégées pour ne pas s'en soucier vraiment, financièrement. Pourtant, auraient-ils également raison de ne pas s'en soucier sur d'autres fronts ? La classe moyenne est une composante essentielle des démocraties, sa disparition pourrait donc bien envoyer des ondes de choc à travers nos régimes démocratiques, comme l'indique la montée des alliances paneuropéennes d'extrême droite. Un stress économique prolongé, comme le connaît le Japon, ou un ralentissement économique, comme cela pourrait se produire dans certains pays émergents, pourraient être un facteur favorisant un comportement extrême des autorités politiques incapables de trouver un autre moyen d'assurer leur légitimité et donc leur pouvoir. En d'autres termes, cela pourrait être une incitation à la guerre, d'autant plus que la tension internationale, par rapport à 2008, est beaucoup plus élevée.

Des analyses multidisciplinaires détaillées de prévision et d'alerte sont plus que jamais nécessaires pour tous, y compris les plus privilégiés, si l'on veut prendre au mieux des décisions stratégiques, ou si l'on veut que les surprises "étranges" et potentiellement mortelles abondent.

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Publié par Dr Helene Lavoix (MSc PhD Lond)

Dr Hélène Lavoix, PhD Lond (relations internationales), est le président/CEO de la Red Team Analysis Society. Elle est spécialisée en prospective et alerte précoce stratégiques (S&W) pour les questions de sécurité nationale et internationale. Elle se concentre actuellement sur la pandémie de COVID-19, la méthodologie du SF&W, la radicalisation ainsi que les problématiques d'intelligence artificielle et de technologie quantique du point de vue de la sécurité internationale. Elle enseigne au niveau du master à SciencesPo-PSIA.

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