En février 2019, lors du forum économique Arabie saoudite-Chine, les deux pays ont signé pour plus de 28 milliards de dollars d'accords ("Le Forum saoudien-chinois de l'investissement signe 35 accords lors de la visite du prince héritier à Pékin”, Ashark Al Awsat22 février 2019). Ces accords gigantesques s'inscrivent dans le cadre de la relation croissante entre l'Arabie saoudite et la Chine. Ils sont la continuation économique et politique de la tournée de six semaines en Asie effectuée par le roi Salman d'Arabie Saoudite en mars 2017. Cette tournée s'est terminée par une visite d'État en Chine et une rencontre avec le président chinois Xi Jinping. Cette visite a été l'occasion d'entamer les négociations sur l'intégration de l'Arabie saoudite à l'Initiative chinoise relative aux routes et aux ceintures de sécurité (BRI), qui est en fait une grande stratégie (Michael Tanchum, "L'Arabie Saoudite, prochaine étape sur la route maritime de la soie en Chine”, Forum de l'Asie de l'Est22 mars 2017).

Cet article explore comment les spécificités de l'IRB chinois et de la grande stratégie saoudienne créent et approfondissent l'existence de stratégies convergentes pour les deux pays.

Un conte de deux stratégies

L'intégration de l'Arabie saoudite à l'IRB, ainsi que les accords et contrats signés correspondent à une convergence de la grande stratégie chinoise avec la "Vision saoudienne 2030". Elle semble également être le début d'un "pivot saoudien-asiatique", qui a des conséquences géopolitiques importantes. Il s'agit d'un changement de pouvoir international massif, car il favorise la rencontre des intérêts stratégiques saoudiens et chinois.

De grands besoins

Depuis 2017, l'Arabie saoudite et la Chine n'ont cessé d'accroître leurs partenariats. Leur effort commun repose sur deux faits. Premièrement, l'Arabie saoudite se tourne vers la Chine pour de nouvelles opportunités économiques. Deuxièmement, la Chine a besoin du pétrole et des produits pétroliers saoudiens pour alimenter son développement, ainsi que de son BRI (Martin Menachery, "Aramco Asia développe une synergie entre "Saudi Vision 2030" et "Belt and Road Initiative".”, Refining&Petrochemicalsme.com6 septembre 2017).

En effet, le gigantesque producteur de pétrole arabe cherche des moyens de diversifier son économie et ses alliances, tandis que la Chine cherche des moyens de satisfaire ses énormes besoins énergétiques (Michael Klare, La course pour ce qui reste, 2012). À cette fin, la Chine étend l'IRB à de nouveaux pays, comme par exemple, avec d'autres pays du Golfe, tels que les Émirats arabes unis et le Koweït.

Cet article se concentre donc sur la raison pour laquelle l'IRB chinois et la grande stratégie saoudienne convergent, et comment ils le font. Il fait écho à une analyse similaire faite pour les EAU (Jean-Michel Valantin, "Les Émirats arabes unis et la nouvelle route de la soie chinoise", The Red Team Analysis Society(24 avril 2017), nous nous concentrons d'abord sur la convergence entre les stratégies des deux pays par le biais d'une "alliance pétrolière". Nous détaillons ensuite ce qu'est l'IRB, notamment dans le cas de l'Arabie Saoudite. Enfin, nous examinons les conséquences géopolitiques pour chaque pays, ainsi que pour les États-Unis.

Convergence des stratégies grâce à une alliance pétrolière

Les relations sino-saoudiennes ont été établies en 1990. La Chine a ouvert une représentation dans le Royaume saoudien, alors que la guerre froide prenait fin (Wang Jin, "Chine et Arabie Saoudite : une nouvelle alliance ?”, Le diplomate(2 septembre 2016).

De la A partir des années 1990, les exportations de pétrole brut du Royaume vers la Chine ont été qui joue un rôle important dans les relations entre les deux pays. Les choses sont, Cependant, les choses changent maintenant, notamment en ce qui concerne l'IRB chinois ou la Nouvelle Soie Route.

L'énorme paquet d'investissements et de commerce sino-saoudien de 65 milliards de dollars signé lors de la réunion de 2017 à Pékin entre le roi Salman et le président Xi Jinping illustre cette évolution (Salman Al Dossary, "Le roi Salman en Chine : la nouvelle route de la soie”, Asharq Al Aswat2 mars 2017).

Améliorer la compétitivité de l'Arabie Saoudite

Le paquet comprend un protocole d'accord entre la société pétrolière nationale saoudienne Aramco et la China North Industries Group Corporation.

Elle prévoit notamment la construction de deux raffineries, l'une dans la province chinoise du Fujian, et l'autre à Yanbu en Arabie Saoudite. Ces raffineries permettront d'améliorer encore la capacité pétrochimique de cette ville portuaire saoudienne située au large des côtes de la mer Rouge (Michael Tanchum, "L'Arabie Saoudite, prochaine étape sur la route maritime de la soie en Chine”, Forum de l'Asie de l'Est22 mars 2017).

Cette décision est très importante pour l'Arabie Saoudite. En effet, l'Arabie saoudite est le premier fournisseur de pétrole de la Chine - près de 671 tonnes de pétrole importé par la Chine proviennent du Royaume saoudien, tandis que la Chine est le principal pays de destination de toutes les exportations saoudiennes (Daniel Workman, "Importations de pétrole brut par pays”, WTEx14 mars 2017). Le Royaume a l'intention de sécuriser sa part du marché pétrolier chinois. A cet égard, l'Arabie Saoudite est en concurrence avec l'Iran et la Russie, qui répondent également aux besoins croissants de la Chine en pétrole (Jean-Michel Valantin, "L'Arctique russe rencontre la nouvelle route de la soie chinoise”, The Red Team Analysis Societyle 31 octobre 2016 et "L'Iran, la Chine et la nouvelle route de la soie”,La société d'analyse rouge (Team)le 4 janvier 2016). Il convient de noter que ces mêmes pays ont déjà développé des liens profonds avec la Chine.

Le pétrole comme transition énergétique et environnementale en Chine

La construction de raffineries sino-saoudiennes en Chine et en Arabie Saoudite est en soi une évolution stratégique. En effet, pour la Chine, l'augmentation des capacités pétrochimiques est absolument nécessaire pour répondre à ses besoins, non seulement en pétrole brut, mais aussi en produits pétroliers, pour les moteurs à combustion et pour l'industrie chimique (Manan Goel, "La grande majorité des 7,1 millions de bpj de la nouvelle capacité de distillation proviendra du Moyen-Orient, de la Chine et, plus largement, de la région Asie-Pacifique », Heure Khaleeji7 mai 2016).

En outre, les autorités politiques chinoises se sont engagées à assurer une transition énergétique nationale, afin d'atténuer l'importance du charbon dans le bouquet énergétique chinois. En effet, la cendre de charbon pollue gravement non seulement l'air, mais aussi l'eau, et met en danger l'agriculture et la santé collective, devenant ainsi pour la Chine un enjeu sanitaire et politique national (Joseph Ayoub, "La Chine produit et consomme presque autant de charbon que le reste du monde réuni”, Aujourd'hui dans Énergie, US Energy Information Administrationle 14 mai 2014 et Jonathan Kaiman, "La pollution atmosphérique toxique de Chinha ressemble à l'hiver nucléaire, selon un scientifiques”, Le Gardien25 février 2014).

L'IRB chinois comme canal mondial

Du point de vue chinois, l'intégration de l'Arabie Saoudite à l'initiative de la nouvelle route de la soie est une étape géopolitique majeure.

Comprendre l'IRB : l'approche chinoise de l'espace et du temps

Liens connexes

Articles explorant la Chinese Belt and Road et ses participants

La nouvelle route de la soie, également connue sous le nom d'"initiative des ceintures et des routes" (BRI), est une stratégie visant à assurer un flux constant de ressources énergétiques, de marchandises et de produits. Il se trouve que ces flux de ressources sont nécessaires au développement industriel et capitaliste actuel de l'"Empire du Milieu", fort de 1,4 milliard d'habitants (Jean-Michel Valantin, "La Chine et la nouvelle route de la soie - Des puits de pétrole à la lune ... et au-delà”, The Red Team Analysis Society6 juillet 2015). Depuis 2013, la Chine déploie l'initiative NSR, qui suscite l'intérêt et l'engagement de nombreux pays d'Asie, d'Afrique et du Moyen-Orient.

Le nouveau La route de la soie est une nouvelle expression de la philosophie et de la stratégie chinoises (Valantin, "La Chine et la nouvelle route de la soie : la stratégie pakistanaise”, L'analyse de la Red Teamle 18 mai 2015). Il est fondé sur une compréhension de la dimension spatiale de la Chine, au sens géographique du terme.

L'espace est conçu comme un support pour diffuser l'influence et le pouvoir chinois à l'"extérieur", mais aussi pour permettre à l'Empire du Milieu d'"aspirer" ce dont il a besoin de l'"extérieur" à l'"intérieur" (Quynh Delaunay, Naissance de la Chine moderne, L'Empire du Milieu dans la globalisation, 2014). C'est pourquoi nous qualifions certains espaces comme étant "utiles" au déploiement de l'IRB, et pourquoi chaque "espace utile" est lié, et "utile", à d'autres "espaces utiles". Dans la même dynamique, les différents pays qui sont impliqués dans le déploiement du RSN sont des "espaces utiles" pour l'"initiative" chinoise. 

De l'Arabie Saoudite à la Chine, et retour

Ainsi, le Golfe Persique et ses Etats constituent un "espace géographique utile" fondamental pour la Chine. En conséquence, l'Arabie saoudite est de facto d'un grand intérêt pour l'IRB : l'Arabie Saoudite devient un espace utile. En effet, elle augmente les capacités saoudiennes à répondre aux besoins énergétiques de la Chine. De plus, la géographie de l'Arabie Saoudite favorise l'ouverture de l'IRB maritime à la mer Rouge, grâce aux ports saoudiens, tels que Yanbu et Djeddah. En d'autres termes, l'IRB améliore l'accès de la flotte civile chinoise à la mer Rouge. En conséquence, les convois chinois peuvent accéder au canal de Suez et donc à la mer Méditerranée. Ainsi, le couplage de l'IRB et de l'Arabie Saoudite ouvre les marchés du Moyen-Orient, du Proche-Orient, du Maghreb et de l'Europe du Sud à l'IRB et donc à la Chine.

L'alimentation des villes et des provinces : Xiamen et le Yunnan

Par ailleurs, depuis 2017, Aramco, la compagnie pétrolière publique saoudienne, a multiplié les partenariats industriels, notamment avec la China National Petroleum Company. Aramco peut ainsi développer des activités en aval, du raffinage à la vente au détail. Xiamen, dans la province du Fujian, ainsi que la province du Yunnan sont deux exemples importants de cette tendance. Il convient de noter que ces deux provinces sont d'une importance stratégique pour la mise en œuvre de la stratégie chinoise. Il se trouve que la ville de Xiamen est la ville portuaire qui fait face à Taïwan. Ainsi, le développement de son infrastructure pétrolière soutient l'importance de Xiamen, tant à des fins commerciales que militaires (Menachery, ibid).

La province du Yunnan est voisine du Myanmar, du Laos et du Vietnam. Rappelons que le Laos est très impliqué dans le développement du BRI terrestre ("Lancement de l'initiative pour la ceinture et la route Laos-Chine, axée sur le développement et la coopération”, XinhuaNet, 2018-02-02). Ainsi, la multiplication des stations-service au Yunnan favorisera le développement des transports et du commerce entre la province chinoise et le Laos.

Dans le même temps, le Myanmar et la Chine discutent activement de l'implication du Myanmar dans l'IRB (Charles Williams, "Le Myanmar s'apprête à adopter l'initiative de Xi pour la ceinture et la route", Global risk insights(le 4 janvier 2019). Si les discussions aboutissent, elles ouvriront une nouvelle fenêtre sur l'océan Indien pour l'IRB. En d'autres termes, "alimenter" le Yunnan en raffineries de pétrole et en produits de détail signifie "alimenter" l'initiative Belt and Road de l'Asie du Sud-Est à l'Asie du Sud.

Signification géopolitique

Chinois poids politique

L'intégration de l'Arabie Saoudite à l'IRB a de puissantes conséquences géopolitiques pour les deux pays. Pour la Chine, le fait que le Royaume saoudien se joigne à sa grande stratégie installe encore plus fortement la Chine comme centre d'attraction des pays du Golfe (Jean-Michel Valantin, "Les Émirats arabes unis et la nouvelle route de la soie chinoise”, The Red Team Analysis Society(le 26 avril 2017). Cela confère un poids politique important à la Chine. L'"Empire du Milieu" devient ainsi un de facto "l'influence équilibrante" entre les voisins malheureux du Golfe et les acteurs du secteur de l'énergie.

La Chine s'installe donc aussi "au milieu", entre les producteurs de pétrole de l'OPEP et ceux qui n'en font pas partie, comme la Russie. Il se trouve que ces acteurs énergétiques du Moyen-Orient veulent s'impliquer dans la croissance de la Chine. Et ce, même s'ils sont en concurrence les uns avec les autres (Martin Jacques, Quand la Chine domine le monde, 2012). Cette concurrence internationale pour l'accès au marché chinois renforce également l'attrait de la nouvelle route de la soie.

Un pivot asiatique et "loin des Etats-Unis" pour le Royaume saoudien

Pour l'Arabie saoudite, l'intégration de la nouvelle route de la soie, qui a déjà touché plus de soixante et onze pays, notamment en Asie et au Moyen-Orient, équivaut à un "pivot asiatique".

Les relations historiques saoudiennes

Elle permet également de créer une certaine distance politique et économique entre le Royaume et les États-Unis. Considérer la relation entre l'Arabie Saoudite et les Etats-Unis, étant donné l'importance des Etats-Unis pour l'Arabie Saoudite depuis 1944, est essentiel pour décrypter l'évolution de la coopération sino-saoudienne. Ensuite, une alliance a été conclue entre le roi Abdulaziz Saoud et le président Roosevelt. En conséquence, les États-Unis se sont engagés à défendre le Royaume. En échange, l'Arabie Saoudite a établi un partenariat privilégié sur le pétrole (Michael Klare, Sang et pétrole, les dangers et les conséquences de la dépendance croissante de l'Amérique à l'égard du pétrole importé, 2004).

Les États-Unis, leur politique énergétique en matière de schiste et leur fournisseur saoudien

La politique énergétique des États-Unis est un élément clé pour comprendre ce qui se passe actuellement. Cette dernière soutient le développement de l'exploitation du pétrole et du gaz de schiste. De ce fait, elle est en concurrence avec la production saoudienne, tout en forçant les prix de l'énergie à baisser. Les États-Unis devenant une menace économique, le Royaume est à la recherche de nouvelles alliances pour soutenir son propre développement. Ainsi, il met en œuvre une stratégie économique de diversification. (Jean-Michel Valantin, "Inondation de pétrole (1) : Le Royaume est de retour"et "Inondation de pétrole (2)- Pétrole et politique dans un monde (réel) multipolaire”, The Red Team Analysis Society15 décembre 2014, 12 janvier 2015). Pour l'instant, la composante militaire de l'alliance avec les États-Unis reste inchangée, car l'Arabie saoudite reste un des principaux exportateurs de pétrole pour l'Amérique.

Lutter contre la perturbation de l'économie pétrolière

Les années 2017 et 2018 ont vu s'accroître les tensions entre les États-Unis et leur fournisseur historique de pétrole. Du côté américain, ces tensions augmentent en raison du "pivot" saoudien vers l'Asie. Pendant ce temps, la guerre du Yémen perd du soutien au Congrès (Patricia Zengerle, "Les législateurs américains cherchent à imposer la décision Trump sur la guerre entre l'Arabie Saoudite et le Yémen”, Reutersle 30 janvier 2019). Du côté saoudien, ces tensions proviennent de la diminution des importations de pétrole des États-Unis en raison de la production de schiste bitumineux. De plus, la production pétrolière américaine est très élastique. Les producteurs de schiste extrayent et vendent massivement à chaque fois que l'OPEP et la Russie augmentent le prix du baril de pétrole. Par conséquent, après un bref moment de profit élevé, les prix sont entraînés à la baisse (Tom Kool, "Le prix du pétrole sous pression alors que l'offre de schiste américain s'envole”, Prix du pétrole.com16 octobre 2018). Cette situation est très perturbatrice pour les Saoudiens, l'OPEP et les Russes. Elle est donc un facteur clé pour le "pivot chinois" saoudien.

Les États-Unis, un problème commun aux Sino-Saoudiens ?

Le défi croissant entre la Chine et les États-Unis renforce également la synergie économique et politique entre l'Arabie saoudite et la Chine. Elle est la conséquence de la "guerre commerciale" lancée par l'administration Trump contre Pékin en avril 2018 ("L'économie américaine, entre le marteau climatique et l'enclume de la guerre commerciale - Le cas de la culture du soja aux États-Unis”, The Red Team Analysis Society8 octobre 2018). En conséquence, les États-Unis deviennent le problème commun de l'Arabie saoudite et de la Chine.

Vers une relation sino-saoudienne à long terme

Ainsi, le Royaume doit assurer ses exportations de pétrole, tandis que l'Empire du Milieu doit renforcer ses liens BRI au Moyen-Orient.

L'accord de 28 milliards de dollars signé lors du forum de coopération économique sino-saoudien qui s'est tenu à Pékin le 22 février 2019 résulte de ces deux besoins. Le prince héritier Mohamed Bin Salman et le président Xi Jinping ont assisté en personne au forum.

Au-delà du pétrole

Le prince Salman a ensuite exprimé sa compréhension quant à la nécessité pour la Chine de lutter contre le terrorisme dans la province du Xinjiang ("Les opportunités futures entre l'Arabie Saoudite et la Chine sont très importantes : Prince héritier”, Nouvelles arabes22 février 2019). La minorité musulmane ouïgoure y serait soumise à une surveillance et une répression strictes. Cela a particulièrement commencé depuis 2014, en raison des tentatives de l'État islamique de renforcer son influence dans la région, tandis que la province du Xinjinag devient une nouvelle région industrielle importante. (Joseph Hope, "Le retour des combattants ouïgours et le dilemme de la sécurité nationale en Chine”, La Fondation Jamestownle 25 juillet 2018).

En outre, certains des 12 accords signés concernent le développement des énergies renouvelables, comme annoncé dans la "stratégie 2030 de l'Arabie saoudite".

Entre-temps, lors de la réunion de Pékin, le prince héritier a également annoncé un plan pour mettre en place des cours de chinois dans les écoles saoudiennes. Ainsi, la relation saoudienne-chinoise acquiert une perspective à long terme (Arab News, ibid).

Djibouti et la grande convergence

Le "pivot saoudien" trouve une expression intéressante avec la construction d'une base navale saoudienne à Djibouti, qui accueille déjà des bases françaises et américaines, tandis que la Chine achève la construction de sa propre base navale (Jean-Michel Valantin, "Militarisation de la nouvelle route maritime de la soie - en mer d'Oman”, The Red Team Analysis Societyle 19 avril 2017).

L'une des incertitudes géopolitiques fondamentales potentielles générées par cette évolution est la manière dont d'autres pays stratégiques du Moyen-Orient vont se positionner par rapport à l'IRB. C'est notamment le cas de l'Égypte, qui possède le principal accès à la mer Méditerranée par le canal de Suez.

Dans le même temps, le Congrès américain étudie le projet de loi "NOPEC" qui ouvrirait les membres de l'OPEP, donc l'Arabie saoudite, aux réglementations antitrust américaines (Stephen Cunningham, "L'accord anti-OPEP permettant aux États-Unis de poursuivre le cartel du pétrole va de l'avant“, BloombergLe 7 février 2019 . On peut supposer sans risque que cette évolution législative et politique américaine ne fera que renforcer les stratégies de coopération entre la Chine et l'Arabie saoudite.

Publié par Dr Jean-Michel Valantin (PhD Paris)

Le Dr Jean-Michel Valantin (PhD Paris) dirige le département Environnement et sécurité de la Société d'analyse (équipe) rouge. Il est spécialisé dans les études stratégiques et la sociologie de la défense, avec un accent sur la géostratégie environnementale. Il est l'auteur de "Menace climatique sur l'ordre mondial", "Ecologie et gouvernance mondiale", "Guerre et Nature, l'Amérique prépare la guerre du climat" et de "Hollywood, le Pentagone et Washington".

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